
Sans le savoir, nous consommons 300 aliments contenant des nanoparticules. Aucune législation n'existe mais certains parlent de scandale pire que l'amiante.
Les nanoparticules sont partout: dans les équipements automobiles, les réfrigérateurs, les peluches, les ustensiles de cuisine, les cosmétiques et même dans nos aliments. Le cabinet Helmut Keiser estime que plus de 300 aliments contiendraient actuellement des nanoparticules.
Les nanotechnologies Les nanoparticules sont des particules ultra fines utilisées par les industriels dans le but de modifier les propriétés d’un produit ou d’une substance. Censées faire disparaître les traînées blanches des crèmes solaires, modifier la consistance d’une sauce, apporter des vertus antimicrobiennes à un textile, les nano ont des applications diverses et variées.
Ainsi, les nanotitanes (particules de dioxyde de titane) sont présents dans les crèmes solaires et les confiseries pour leur qualité blanchissante mais sans effet traces blanchâtres. Les nanoparticules de fer habitent les emballages alimentaires pour leur propriété de conservation. Les nanosilices se sont invités dans les produits alimentaires afin de rendre leur texture plus onctueuse…
Marché juteux Greenpeace a sonné l’alarme en 2003 et l’association Les Amis de la Terre appelle à un moratoire depuis 2006. Or, les industriels ne sont pas tenus de mener des tests de toxicité et à ce jour, aucune législation n’a été déterminée. En Europe, la question a été évoquée dans le cadre de la réglementation REACH. Le Grenelle prévoit une obligation de déclarer les nanoproduits, mais les industriels résistent.
Et pour cause: le marché global des nanotechnologies s’élèverait à une vingtaine de milliards d’euros et devrait franchir la barre des 1.500 milliards d’euros en 2015. Pas étonnant que des marques comme Chanel, Lancôme, Heinz, Unilever ou Kraft aient massivement investi dans la nanotechnologie. Les effets sur la santé
Peu nombreuses sont les études entreprises sur les risques des nanoparticules sur la santé. D’autant que les particules utilisées sont diverses et que leur mode de contact diffère également en fonction des produits et des utilisations.
On sait néanmoins que l’interaction et la pénétration des nano sont plus importantes que dans le cas des micro et macroparticules. Selon Dorothée Benoit Browaeys[1]: «Un gramme de titane, lorsqu’il est structuré de façon grossière est inerte et n’agit que sur une surface de quelques centimètres carrés, alors que quand il est nanostructuré, il a une surface d’interaction de 60m2».
Du fait de leur petite taille, les nanoparticules pénètrent les barrières biologiques (digestive, cellulaire, hématoencéphalique…) et provoquent des perturbations accrues en nombre et en surface. Sous forme de nanoparticules, l’oxyde de zinc peut endommager les cellules du colon. L’Institut de recherche Robert-Sauvé en Santé et en Sécurité du travail du Québec conclue sur des expérimentations menées en alertant sur les
«effets toxiques au niveau de différents organes (coeur, poumons, reins, système reproducteur…) de même que de la génotoxicité et de la cytotoxicité.» Il est aujourd’hui possible d’affirmer avec certitude que les nanoparticules provoquent des pathologies respiratoires et cardiovasculaires. Les nanotubes de carbone sont particulièrement pointés du doigt: leur pouvoir de pénétration et leur accumulation dans les poumons rappellent la problématique des fibres d’amiante, qui comme chacun le sait, a provoqué des milliers de cas de cancers de la plèvre.
En l’état actuel des connaissances, et en attendant des études plus poussées, il serait dommage de s’enfermer dans la politique de l’autruche. Car comme pour le cas de l’amiante, demain, il sera peut-être déjà trop tard.
Source:
Suite 101 - Jackie Oéric
IRSST, Québec,
Cabinet Helmut Keiser (en anglais),
Greenpeace,
Les Amis de la Terre :
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